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Les mégapoles, défi inscrit en tête de l’agenda mondial et intrigue scientifique
Sur tous les continents, des agglomérations de plus de dix millions d’habitants avec une croissance démographique qui semble inexorable posent de multiples questions dont développement, transports et voyages sont des plus épineuses.
Ce site reprend les textes de références et évènements organisés par l’INRETS et Act-Consultants
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Cidade Tiradentes, une ville à s’arracher les dents
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Diaporama produit pour « Regards croisés sur l’habitat social dans le monde », Atelier de la Semaine de la Ville à Tours consacrée en 2004 à l’Habitat social.
En marge d’une enquête sociologique sur les mobilités menées dans les périphéries de São Paulo (coordination d’une équipe USP-IRD), un riche matériau montre la réalité des COHAB, ensembles d’habitat social succédant aux cités ouvrières de la São Paulo laborieuse et moderniste des années 1930 en offrant en accession à la propriété des appartements d’au mieux 45 m².
Depuis les années 1980, ces "barres", construites selon un plan-type désespérément uniforme et concentré, sont venues loger quelque 550 000 salariés, dont près de la moitié à Guaianases, en extrême Est de cette ville décamillonnaire.
A 42 km du centre, c’est le plus considérable des grands ensembles sortant à peine du statut de zone rural pour devenir le nouvel arrondissement Cidade Tiradentes, où 205 000 personnes étaient recensées en 2000. Le démantèlement du sous Etat-Providence, le fracas du populisme urbain, la vanité de contrôler la reproduction d’une force (manquant) de travail, mais aussi la désillusion des "heureux" adjudicataires, s’inscrivent cruellement dans une véritable "ville" entrée en déshérence mais ne manquant pourtant pas de vitalité.
L’absence d’activité économique sur place explique que la cité soit surtout repérée comme un haut-lieu du football de quartier et du narcotrafic violent. Pourtant, nombre d’habitants sont des salariés et une part non négligeable d’entre eux est parvenue à un échelon honorable de la mobilité professionnelle (enseignants, comptables, techniciens, avocats, etc.).
La physionomie des 40 blocs de Cidade Tiradentes ne s’est guère améliorée depuis son inauguration en 1982, pas plus que le bâti n’a évolué vers une forme supérieure d’habitabilité. Malgré un contexte parmi les plus hostiles, la population y répond massivement à la recherche de mécanismes d’intégration et de participation citadine ; bien que le taux de renouvellement d’une population très jeune et socio-ethniquement typée soit élevé, certains habitants déclarent qu’ils ne quitteraient pour rien au monde ce lieu où ils ont commencé à exister socialement, après de longues trajectoires migratoires, souvent depuis le lointain Nordeste brésilien.
- Etienne HENRY
Présentation à la Semaine de la ville, Tours 5 avril 2004.
©etien, ©CLS/IMS
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