Présentation
Les mégapoles, défi inscrit en tête de l’agenda mondial et intrigue scientifique
Sur tous les continents, des agglomérations de plus de dix millions d’habitants avec une croissance démographique qui semble inexorable posent de multiples questions dont développement, transports et voyages sont des plus épineuses.
Ce site reprend les textes de références et évènements organisés par l’INRETS et Act-Consultants
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Centralités et mobilités
Questions, propos et textes
9 Avril 2008 - Mégapoles transports et mobilités : Confrontations
Beijing, aux carrefours d’une mégapole colossale
DANS CET EVENEMENT
Atelier international le 8 avril à l’EHESS
Atelier Téhéran du 7 avril 2008
Beijing, aux carrefours d’une mégapole colossale
BUENOS AIRES - L’étalement imparable
Calibrer l’offre et les réseaux de transport en commun
Changement social et mobilités urbaines à Téhéran
Confronter les Petits Moyens aux Grands problèmes urbains
Congestion de la mobilité téhéranaise
Continuité du bâti et croissance périurbaine délimitent-elles des périmètres pertinents d’analyse des transports ?
Coup de frein à la mobilité dans Saint Paul l’impétueuse
D’une mégapole à l’autre
Défis des transports dans la capitale sud-coréenne
Déplacements motorisés et étalement illimité de Buenos Aires
Entre la ville creuse et la mégapole compacte
Etirement cairote et mobilités résidentielles/pendulaires
Interconnections techniques et urbanistiques de la mobilité séoulite
L’industrie automobile et les taxis collectifs à Téhéran
Les supervoies de la supermégapole : Super Mari (Shanghai)
Les taxis, service de mobilité intermédiaire téhéranaise
Londres : une métropole région
1 – Une urbanisation colossale, à un rythme record 2 – Un hypermarché multitudinaire, à exploiter et à implanter grâce à la mobilité
Une expérience professionnelle récente à Carrefour m’a fourni l’occasion d’étudier l’urbanisation des 25 plus grandes villes chinoises en fonction des objectifs de développement de cet hypermarché –évolutions démographiques, urbanistiques et commerciales). J’ai donc été invitée à intervenir succinctement à la table ronde finale de cette Journée scientifique sur les Perspectives Métropolitaines Globales sur le sujet : Transports et mobilités vue par l’entreprise Carrefour, leader du commerce international en Chine. La présentation que j’avais préparée porte sur l’Urbanisation et la mobilité à Beijing, sous l’angle de la « Ville intentionnelle » –planifiée de manière volontariste et très orientée par la Municipalité–, avec un regard sur l’évolution urbaine et démographique et une interrogation : qui profite de la nouvelle ville et du système urbain ?
Une urbanisation colossale, à un rythme record
Le nouvel espace urbain métropolitain s’organise autour des réseaux de voirie, plutôt qu’autour des réseaux de transport en commun tels que le métro –malgré les investissements exceptionnels réalisés pour l’organisation des Jeux Olympiques en 2008– ou le BRT et le RER, attendus en ce début de XXIe siècle. La Région urbaine de Beijing couvre 16 800 km², avec des espaces naturels et urbains. Au centre, la ville mère est entourée d’une première ceinture verte. Dix villes nouvelles de banlieue résidentielle sont entourées d’un deuxième ceinture verte, le long du cinquième Ring Road (boulevard ceinture). Enfin, quatorze villes satellites relativement éloignées sont desservies par un autre anneau autoroutier, le sixième Ring.
Aujourd’hui, 13,7 millions de résidents permanents –hormis la population flottante des mingong irréguliers– habitent un territoire de dimension comparable à celui d’une région française. Environ cinq millions vivent dans la ville mère, en deçà de la ceinture verte et de l’anneau périphérique intérieur que constitue le quatrième Ring. La disposition de cette structure urbaine et l’aménagement de sa protection naturelle tendent à empêcher la ville centre d’une trop forte migration des ruraux vers la Capitale [1]. À 140 kilomètres au Sud-Est de Beijing, Tianjin est une autre mégapole chinoise : grande métropole portuaire, elle assure une fonction de plaque tournante pour les expéditions maritimes industrielles shipping et les activités import/export de la Chine du Nord. On peut se demander quel complexe relationnel s’établira avec ce pôle, qui pourrait atteindre les trente millions d’habitants en 2020…
Une entreprise de distribution vise à optimiser ses investissements en plaçant les magasins dans les zones à forte urbanisation et de haute densité démographique. Les transports ne sont pas le premier critère d’implantation d’un magasin. Les éléments de densité de population et de concurrence priment, ainsi que le pouvoir d’achat. Il s’agit d’optimiser l’investissement à court terme, sans sacrifier le moyen ni le long terme. L’argument ‘No parking, No business’ des retailers n’est pas encore valable en Chine, où la plupart des consommateurs font leurs achats à pied, en vélo ou en autobus.
Un hypermarché multitudinaire, à exploiter et à implanter grâce à la mobilité
Quand on parle de mobilité, on doit penser à l’ensemble des flux : passagers, marchandises, services urbains (secours, nettoyage, déchets…). Une entreprise se doit d’optimiser ses flux, grâce à l’organisation de ses emplacements (notion de bari-centre, d’optimisation de parcours…). Elle cherche aussi à diminuer ses coûts de fonctionnement en améliorant l’efficience de son système :
- travail sur optimisation de chargement avec l’amélioration des palettes,
- suppression des trajets à vide dans les circuits de livraison,
- navettes voyageurs pour compenser le manque de voitures particulières, qui vont chercher les clients chez eux, au bouches de métro ; etc.
Encore embryonnaire en Chine, le progrès réalisé en France et en Europe est amené à se développer.
La mobilité renvoie aux évolutions technologiques : Beijing promeut la transition du vélo vers le bus, puis maintenant vers la voiture particulière [2]. Selon Paris-Pékin Civiliser l’automobile, la Municipalité accélère cette transition technologique à grande vitesse et soutient des projets pilotes en partenariat public privé PPP. En matière de transports, on relève que les standards de véhicules approchent l’Euro 4, que la plupart des autobus et des soixante-dix mille taxis roulent au gaz naturel, et que l’UNDP, GEF et Daimler Chrysler, aident Beijing à mettre sur pieds les bus électriques à l’hydrogène. Le Projet 386, initié sous Deng Xiaoping en mars 1986, aboutit grâce aux partenariats et aux concours de la Communauté européenne en vue des JO 2008.
Cette transition technologique élève la question de la mobilité vers d’autres domaines, notamment l’écologie : énergies renouvelables, éco-technologies de construction d’immeubles, de filtrage de l’air et de l’eau par des plantes (Phytorestore), gestion de la consommation de l’énergie au sein des magasins.
La mobilité doit également être pensée en termes de dématérialisation des flux, notamment avec le développement des moyens de communication électronique. Carrefour développe le e-business à Beijing depuis 2006. Il est possible de faire son ravitaillement sur un site internet et de se faire livrer ses produits ou bien d’aller les chercher au magasin. Le RFID est en cours d’étude. Le pilotage de la gestion énergétique des magasins est centralisé au siège de Carrefour Chine, pour mieux maîtriser les coûts, identifier les problèmes et faciliter toute intervention en cas de besoin. Voici quelques exemples d’optimisation du fonctionnement d’une entreprise en Chine, grâce aux NTIC. On peut aussi évoquer le télétravail, les vidéo-conférences qui évitent aux salariés de se déplacer dans les pays du Groupe.
Il faudrait aussi parler de la mobilité sociale et culturelle, évoquer les aspirations des salariés chinois et leurs motivations pour travailler dans une entreprise étrangère comme Carrefour. Effectivement, travailler au sein d’une entreprise multinationale, c’est connaître une autre vision du monde, une autre façon d’appréhender le travail, les gens d’autres pays… l’ouverture d’esprit auquel de nombreux chinois aspirent aujourd’hui.
[1] D’après le Gouvernement de 2001, quatre-cent millions de ruraux muteront vers les villes d’ici 2020.
[2] cf. thèse de J-F. Doulet
SUR « Pékin »
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